Monter un projet street art à l’école : c’est possible et ça vaut vraiment le coup.

Monter un projet street art à l’école, c’est possible et ça vaut vraiment le coup.

Développement de la créativité, de la motricité, de la confiance en soi… Les bénéfices pour les enfants et les adolescents sont nombreux. Mais quand on est professeur, éducateur ou autre personnel encadrant, on ne sait pas toujours par où commencer (et c’est normal).

Comment trouver un lieu adapté ? Quel matériel prévoir ? Combien de temps faut-il compter ? Quel budget ? Comment trouver l’intervenant idéal ?

Pas de panique : dans cet article, je vous apporte tous les éléments nécessaires pour mener à bien votre projet street art.

L’intérêt du graffiti en milieu scolaire

Le graffiti et le street art forment un support d’apprentissage pour différentes compétences. Au-delà de la pratique artistique, c’est un outil pédagogique complet.

Contrairement à d’autres activités scolaires plus théoriques, le street art permet aux élèves de voir instantanément le fruit de leur travail. Participer à une fresque visible par les enseignants, les autres élèves ou les parents peut créer une vraie fierté et renforcer leur confiance en eux. Certains élèves, habituellement en retrait, peuvent trouver dans ce type de projet une autre manière de s’exprimer et de s’impliquer.

C’est l’occasion pour les élèves d’apprendre à s’exprimer via le langage visuel : les couleurs, les formes et symboles. C’est un terrain idéal pour stimuler leur créativité.

L’utilisation d’outils comme le pinceau, le rouleau ou la bombe de peinture nécessite une certaine dextérité.  Les ateliers d’art urbain regroupent des techniques variées permettant aux élèves d’affiner leur motricité.

Le street art et le graffiti se pratiquent sur de grandes surfaces, ce qui change les repères habituels du cahier ou de la feuille. On n’engage plus seulement la main ou le bras, mais tout le corps. C’est l’occasion pour les élèves de mieux appréhender l’espace, leur placement, les volumes et la perspective.

Ces ateliers se font et se pensent en groupe. Le graffiti a évolué à travers des collectifs d’artistes; la collaboration est dans l’ADN de ce courant artistique. Choisir la pratique du street art, c’est donc placer les élèves dans une situation réelle de collaboration : écouter, défendre ses idées, respecter celles des autres et même trouver des compromis.

Le graffiti souffre encore parfois d’une image négative ou caricaturale. Mettre en place un projet street art en milieu scolaire est aussi l’opportunité d’expliquer son histoire, ses codes, ses techniques et sa diversité. Cela permet aux élèves de comprendre qu’il ne s’agit pas uniquement de dégradation ou de décoration, mais aussi d’un mouvement artistique et culturel riche.


Préparation : objectifs, intervenants, maquette, etc.

Avant de sortir les bombes de peinture, il faut savoir que les plus belles fresques ne s’improvisent pas. Chaque détail est pensé en amont : l’espace, les couleurs, la composition, et (surtout) la logistique. Il en va de même pour un projet en milieu scolaire. Une bonne préparation, c’est la garantie d’une réalisation fluide et d’objectifs atteints. Voici ma recette testée et approuvée, étape par étape.

Si vous atterrissez pour la première fois sur mon site, je suis Neo Musty, artiste peintre. J’ai eu l’occasion de mener plusieurs projets street art en milieu scolaire et périscolaire; j’espère que cet article vous guidera vers la réalisation de vos idées.

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La définition des objectifs est essentielle pour assurer une cohérence dans la construction du projet. Souhaitez-vous sensibiliser les élèves à l’histoire du street art ? Les inviter à explorer leur créativité à travers la pratique ? La réponse vous guidera dans le choix du support. L’idéal reste la fresque participative sur un mur de l’établissement. Si cette option n’est pas accessible, d’autres solutions existent : trouver un mur libre d’accès en dehors de l’école, ou utiliser des planches en bois ou de grandes toiles assemblées en guise de support.

Définir le nombre de participants est une étape primordiale pour une organisation fluide. Le street art se prête mal aux grands groupes : selon la taille du support, son accès et le profil de l’intervenant, on travaille généralement avec 1 à 12 élèves maximum.
La solution la plus efficace reste souvent de constituer des groupes réduits en rotation. À noter : ce découpage allonge le temps d’intervention; une heure pour une classe entière peut facilement devenir 1h30 à 2h00 sur le terrain.
C’est pourquoi il est essentiel de trouver un équilibre entre la taille du support et le nombre de participants. Un mur de petite surface avec trop d’élèves, c’est la garantie que chacun passera trop peu de temps à pratiquer. Ceci pourrait être source de frustration, alors que c’est précisément l’occasion pour eux de s’exprimer. Mieux vaut un groupe restreint, un temps de pratique suffisant et un projet dont les élèves se souviendront.

Si vous souhaitez créer une fresque participative, il est indispensable de faire appel à un intervenant extérieur. En général, ce sont des artistes professionnels évoluant au sein de la scène street art. Si vous avez bien défini vos objectifs et le nombre de participants, la prise de contact avec l’intervenant se fera plus facilement. A cette étape de la préparation, un bon intervenant se chargera de vous fournir le matériel et les protections nécessaires. Il ou elle saura également vous dire si vos objectifs sont en accord avec vos attentes et votre budget.

Avant de se lancer, créer une maquette vous servira de boussole tout au long du projet : à partir d’elle, vous pourrez estimer le temps de réalisation, les coûts et le matériel nécessaire. Elle se construit idéalement en partenariat avec l’intervenant, les enseignants, et, surtout les élèves, que l’on implique ainsi bien avant le jour J.
La maquette peut répondre à une thématique, une contrainte ou un enjeu éducatif précis.

Une classe peut, par exemple, travailler autour de la biodiversité, du vivre-ensemble, du harcèlement scolaire ou de l’identité de l’établissement; autant de sujets qui donnent du sens au projet et ancrent la réflexion artistique dans le réel.

C’est aussi l’occasion d’élargir le cercle. Le street art se prête à des approches transversales : d’autres enseignants, d’autres matières peuvent s’y greffer. De la préparation à la restitution, un projet street art peut devenir une aventure collective qui mobilise bien au-delà de la salle de classe.

Réalisé un projet street art en milieu scolaire nécessite des moyens financiers. Soyons honnête, c’est souvent l’élèment déterminant pour sa mise en oeuvre. A cette étape, vous avez défini les objectifs pédagogiques, trouvé l’intervenant correspondant et, après estimation, le projet dépasse votre enveloppe budgétaire initiale. Dans ce cas, n’hésitez pas à en parler directement avec l’intervenant. Il pourra vous orienter vers d’autres sources de financement ou adapter sa formule à votre budget ; en réduisant le nombre de participants ou la surface à peindre, par exemple.

Le financement d’un projet street art en milieu scolaire peut provenir de plusieurs sources selon le niveau de l’établissement et la nature du projet. Dans les collèges et lycées, le pass Culture collectif constitue aujourd’hui l’un des principaux dispositifs pour financer des ateliers graffiti, des fresques participatives ou des parcours d’éducation artistique et culturelle. Les écoles peuvent également mobiliser leur propre budget, solliciter la mairie, le département, la région ou encore répondre à des appels à projets proposés par les DRAC ( direction régionale des affaires culturelles ) et les rectorats. Dans certains cas, des associations, fondations ou entreprises locales peuvent aussi participer au financement du projet dans le cadre d’actions culturelles, éducatives ou citoyennes. Présenter un projet clair, pédagogique et simple à mettre en place augmente fortement les chances d’obtenir un financement.


Défis techniques

Vous avez votre projet, vos objectifs, votre maquette. Maintenant, place à la technique. Car entre une maquette et un mur réussi, il y a tout un ensemble d’éléments à prévoir : le choix de la surface, les autorisations à obtenir, l’accessibilité du lieu… Voici les défis techniques à anticiper pour que le projet se passe sans accroc. Et que le résultat soit à la hauteur de vos ambitions !

Le street art inclus l’utilisation de différentes techniques et médiums : bombe de peinture, peinture acrylique, pochoirs, collages et autres. Le choix du support dépend donc des techniques envisagées, et inversement.

Chaque technique a ses avantages et ses contraintes, voici un tour d’horizon pour vous aider à faire le bon choix :

La bombe de peinture est pratique pour recouvrir des grandes surfaces rapidement et aussi recouvrir des surfaces texturées comme le crépi. Son principal inconvénient : le coût, qui peut vite grimper selon les quantités nécessaires.

La peinture acrylique a l’avantage d’être déjà connu des enfants, elle est sans vrai risque, on a la possibilité de mélangé les couleurs et différentes gammes de prix s’offre à nous. L’utilisation de la peinture acrylique, requiert plus de logistique (points d’eau accessible, multiple sceau et bacs), et s’adapte moins bien aux murs texturés.

Le pochoir est une technique intéressante, car elle permet de faire un travail conséquent en amont pour permettre une mise en place et une exécution assez rapide. Son inconvénient réside surtout dans l’appréhension de grande surface, c’est une technique plus adaptée pour de petits formats et des surfaces peu texturés.

Le collage présente les même avantages et inconvénients que le pochoir, mais avec une contrainte supplémentaire : sa tenue fragile dans le temps.

Un point important, également, est de prendre en compte les risques d’intempéries si vous souhaitez travailler en extérieur, cela pourrait mettre à mal votre planning.

Toute surface existante nécessite une autorisation préalable, c’est non négociable. Soyez vigilant : certains mobiliers urbains ou façades doivent rester identifiables et accessibles, ce qu’une œuvre pourrait compromettre.

Si vous optez pour un support indépendant, assurez-vous qu’il répond aux normes de sécurité en vigueur : bois et toiles doivent notamment être ignifugés. En cas de doute, les services d’urbanisme associés à votre établissement ou votre intervenant pourront vous renseigner.

Vous avez peut-être trouvé un support qui remplit toutes les conditions décrites précédemment, mais il faut veiller à ce qu’il soit accessible. Il ne faut pas que les élèves aient besoin de monter en hauteur pour avoir accès à la totalité de la surface. Par expérience, c’est l’enjeu technique le plus oublié. Il se peut également que le sol au pied de la surface ne soit pas adapté ou que du mobilier gène l’accès.

Chaque technique implique un matériel spécifique, et il est nécessaire de se fournir à l’avance, en prévoyant une marge suffisante pour les imprévus. Le matériel doit également être adapté au public concerné. Les bombes de peinture, par exemple, demandent une certaine force en main et peuvent s’avérer difficiles à manier pour les plus jeunes. Un bon intervenant saura vous guider sur ce point.

En amont, pensez à protéger l’environnement de travail : sol, murs adjacents, luminaires… Côté équipement individuel, gants et masques FFP3 sont vivement conseillés. Les bombes de peintures classiques dégagent de fortes odeurs de solvant ; il existe des gammes sans solvant, mais elles présentent tout de même un risque lié aux poussières et aux particules fines.


La réalisation

Si vous avez suive ce déroulé et que le chantier va commencer, le plus gros du travail est fait, bravo à vous ! Il est temps pour vous et les élèves de profiter de ce moment.

Lors de la réalisation, veuillez à ce que tout le monde suit les recommandations de sécurité, n’hésitez pas à demander la présence d’accompagnateurs. Lors des chantiers, il est très difficile de garder un œil sur tout ce qui se passe en même temps

C’est aussi le moment idéal pour documenter et photographier le déroulement du projet. Si le projet est mené à bien le résultat pictural parlera de lui-même.

Documenter et restituer le projet permettent également de valoriser le travail des élèves auprès des familles, de l’établissement ou des partenaires ayant contribué au financement. Ces images pourront aussi servir à présenter de futurs projets pédagogiques ou artistiques.


Résumé en quelques points

  • Définir un objectif artistique et pédagogique clair avant de commencer
  • Bien choisir son intervenant(e)
  • Adapter le projet aux défis techniques
  • Définir un budget et trouver un financement
  • Réaliser une marquette
  • Créer, dessiner, graffer en respectant les consignes de sécurité
  • Documenter le projet pour garder une trace du travail réalisé
  • Partager le projet lors d’une restitution ou d’un vernissage avec les parents, enseignants et partenaires

Conclusion

Mettre en place un projet street art en milieu scolaire demande de la préparation, de l’organisation et une bonne compréhension des contraintes techniques. Mais lorsque le projet est bien pensé, il devient bien plus qu’une simple activité artistique. C’est un moment de partage, d’expression et de collaboration qui peut durablement marquer les élèves et transformer leur regard sur l’art, sur leur environnement et parfois même sur eux-mêmes.

Vous savez maintenant ce qu’implique la gestion d’un projet street art. Si vous cherchez un intervenant pour le mener avec vous, n’hésitez pas à me contacter !

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